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ONU : Mgr Jurkovic plaide pour l’application des droits des enfants

« En 2017, environ 535 millions d’enfants ont été touchés par des catastrophes humanitaires ; cela représente un enfant sur quatre dans le monde », déclare Mgr Jurkovic. « De telles situations ont un impact énorme sur les années de formation des enfants, affectant leur survie, leur développement mental, social et environnemental ainsi que leur bien-être physique », alerte-t-il.

Mgr Ivan Jurkovic, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU et d’autres organisations internationales à Genève, est intervenu à la 37ème session du Conseil des droits de l’homme, à la Réunion annuelle d’une journée intitulée : Droits de l’enfant, le 5 mars 2018.

« Si la voie de l’éducation et du développement n’est pas rétablie, ces enfants risquent de devenir une génération perdue », avertit encore Mgr Jurkovic qui appelle « la communauté internationale, les gouvernements, la société civile, les ONG et tous les acteurs concernés à collaborer étroitement pour protéger les enfants ». « Le bien commun et l’intérêt supérieur de l’enfant doivent être les principes directeurs en toutes circonstances et sans conditions », rappelle-t-il.

Discours de Mgr Jurkovic

Monsieur le Président,

Ma délégation prend note du rapport du Haut-Commissaire sur la protection des droits de l’enfant dans les situations humanitaires et se félicite de la protection des enfants et de la mise en œuvre des droits à la santé et à l’éducation dans les situations d’urgence. Si des progrès ont été accomplis, nous sommes profondément préoccupés par le fait qu’en 2017, environ 535 millions d’enfants (1) ont été touchés par des catastrophes humanitaires ; cela représente un enfant sur quatre dans le monde.

Nous connaissons un nombre croissant de situations humanitaires dans toutes les régions du monde, qui touchent trop de gens, en particulier nos enfants, notre avenir. Les conflits armés, les crises locales et les catastrophes naturelles dues au changement climatique créent des vagues de réfugiés, de migrants, de personnes déplacées internes (PDI) et de personnes qui souffrent chaque jour. De nombreux enfants innocents sont pris au piège dans des situations de vulnérabilité, simplement parce qu’ils vivent dans les parties les plus pauvres du monde, qu’ils appartiennent à des minorités ethniques ou religieuses, qu’ils sont des réfugiés ou des migrants, parfois non accompagnés ou souffrant de handicaps. Surtout, ils risquent d’être victimes d’individus ou d’organisations sans scrupules, de subir des abus, de faire de la contrebande, d’être victimes d’esclavage sexuel ou d’esclavage par le travail, de prélèvement d’organes, ou même d’être recrutés comme soldats.

Ma délégation voudrait souligner que le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme cette année, qui place la protection, la promotion et le respect de la dignité de la personne humaine au centre des préoccupations de la communauté internationale, devrait nous rappeler que les enfants sont en danger et que l’intérêt supérieur de l’enfant devrait être une priorité dans toute situation humanitaire. De telles situations ont un impact énorme sur les années de formation des enfants, affectant leur survie, leur développement mental, social et environnemental ainsi que leur bien-être physique.

Monsieur le Président,

Permettez-moi de souligner que les droits de l’homme à l’éducation et à la santé façonnent l’avenir de chaque enfant. Cependant, les enfants ne peuvent pas bénéficier de ces droits et d’autres droits humains à moins qu’ils ne soient enregistrés à la naissance. Si la voie de l’éducation et du développement n’est pas rétablie, ces enfants risquent de devenir une génération perdue. La prévention est la meilleure médecine, et cela commence par l’accès à la citoyenneté, la santé, l’éducation et la promotion d’une culture du respect des droits de l’homme et de la dignité humaine de chaque enfant. En fait, comme l’a souligné le Secrétaire général des Nations Unies, le cadre juridique pour protéger les enfants est en place, il doit juste être appliqué. Cependant, « si nous laissons la prochaine génération traumatisée, bouillonnante de griefs, nous trahissons ceux que nous servons et nous nous trahissons nous-mêmes » (2).

Monsieur le Président,

Ma délégation appelle la communauté internationale, les gouvernements, la société civile, les ONG et tous les acteurs concernés à collaborer étroitement pour protéger les enfants. Le bien commun et l’intérêt supérieur de l’enfant doivent être les principes directeurs en toutes circonstances et sans conditions, fondés sur la solidarité et sur la conscience que l’avenir est entre les mains de nos enfants.

Les enfants ont besoin d’une attention accrue de la part de tous les membres de la famille humaine qui doivent partager la responsabilité de les protéger et de les aider à jouir de la dignité humaine que Dieu leur a donnée. En effet, comme le rappelle le pape François, « un peuple qui ne s’occupe pas de ses aînés, de ses enfants et de ses jeunes n’a pas d’avenir, car il maltraite à la fois sa mémoire et sa promesse » (3).

Rejetons la culture du rebut qui tourmente notre monde et nourrit les tendances à la cupidité, à la corruption, à la violence, à la guerre et à la dégradation de l’environnement. Insistons sur le fait que tous les citoyens de ce monde ont la responsabilité de veiller à la sécurité et à la santé physique et émotionnelle des enfants, qui constituent l’avenir de notre société.

Merci, Monsieur le Président.

1. UNICEF, « Action humanitaire pour les enfants 2017 ».

2. Guterres, A. « Remarques au débat public du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés », 31 octobre 2017.

3. Pape François, « Message du pape François aux participants à la 47ème Semaine sociale des catholiques italiens », Turin, 12-15 septembre 2013.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

7/3/2017