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ONU : Aggravation de l’impact sur les enfants des conflits armés, par Mgr Auza

Mgr Auza a dénoncé « la gravité de l’impact sur les enfants de notre incapacité collective à prévenir et à mettre fin aux conflits ». En 2016, a-t-il affirmé, « le nombre d’enfants gravement touchés par les conflits armés dans de nombreux pays » a été « le plus élevé jamais enregistré ».

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies, est intervenu lors du débat public du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés, à New York, le 31 octobre 2017.

« Il existe un moyen indispensable et le plus efficace d’extirper les actes de violence contre les enfants dans les conflits armés, et ce moyen, c’est la réalisation de la paix », a conclu le représentant du Saint-Siège.
Voici notre traduction du discours en anglais prononcé par Mgr Auza.
HG

Monsieur le Président,

La protection des enfants dans les conflits armés est une grave préoccupation universelle, pour laquelle le Saint-Siège remercie la Présidence française d’avoir convoqué ce débat.

Le rapport du secrétaire général sur les enfants et les conflits armés, couvrant l’année 2014, a défini cette année comme la pire jamais enregistrée pour les enfants touchés par les conflits armés. La situation s’est aggravée, les données contenues dans le rapport couvrant 2015 montrant que le nombre d’enfants pris dans des conflits armés et l’ampleur et la gravité des violations dépassaient celles de 2014. En bref, les rapports ne laissaient aucun doute sur la gravité de l’impact sur les enfants de notre incapacité collective à prévenir et à mettre fin aux conflits.

Le rapport annuel 2017 du secrétaire général, couvrant l’année 2016, souligne malheureusement que la tendance à la détérioration se poursuit, le nombre d’enfants gravement touchés par les conflits armés dans de nombreux pays étant le plus élevé jamais enregistré. Les violences incluent le meurtre et la mutilation d’enfants, le viol et d’autres formes de violences sexuelles, le recrutement d’enfants soldats et de kamikazes, l’enlèvement et la vente d’enfants, les attaques contre les écoles et les hôpitaux, le refus de laisser accéder les enfants à l’aide humanitaire, comme les attaques ou les menaces d’attaques contre le personnel protégeant les enfants. Le fait que de tels crimes soient endémiques montre qu’il existe un écart très important entre les dispositions déjà en place et leur mise en œuvre. Le respect du droit international humanitaire et de la Convention relative aux droits de l’enfant et son Protocole facultatif concernant l’implication des enfants dans les conflits armés (2000) ont encore un long chemin avant de pouvoir contribuer à réduire et à combler ce fossé.

Ma délégation souhaite souligner le fait très troublant que le nombre vérifié de victimes maltraitées par des groupes non étatiques est trois fois plus élevé que le nombre de ceux qui sont maltraités par des forces gouvernementales. Ce fait pose de sérieux défis pour arrêter les auteurs qui agissent en dehors de toute règle de droit et pour les tenir responsables de leurs actes odieux.

Une autre tendance profondément inquiétante est celle de l’augmentation des attaques contre les zones densément peuplées. Les centres urbains sont devenus des champs de bataille, où les écoles, les hôpitaux et autres infrastructures civiles ne sont pas épargnés mais, en fait, ciblés comme une tactique de guerre. Ainsi, l’obligation de respecter les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution est encore plus pressante. La résolution 2286 (2016) du Conseil de sécurité sur l’obligation du droit international humanitaire de respecter et de protéger le personnel médical et humanitaire, son matériel et ses moyens de transport dans les situations de conflit armé doit être respectée par toutes les parties en conflit.

Monsieur le Président,

Au cours de sa récente visite en Colombie, le pape François a déclaré : « Nous ne pouvons jamais accepter que [ces enfants souffrants] soient maltraités, qu’ils se voient refuser le droit de vivre leur enfance paisiblement et joyeusement, sans espoir d’avenir. » [1] Tous ont donc le devoir, en fonction des responsabilités et des possibilités de chacun, de prendre des mesures concrètes susceptibles de mieux sauvegarder ou sauver la vie des enfants pris dans les conflits armés.

Au niveau gouvernemental, une de ces mesures consisterait à traiter les enfants impliqués dans des conflits armés principalement comme des victimes plutôt que comme des combattants, et à les confier à des acteurs civils de la protection de l’enfance qui assureraient leur réintégration. Au niveau local, certaines des mesures les plus utiles seraient des initiatives visant à protéger les enfants contre le recrutement ou l’enlèvement, ainsi que des programmes visant à aider à rééduquer les survivants et à les réinsérer dans leurs familles et communautés respectives.

Le Saint-Siège et de nombreuses institutions et organisations catholiques continuent de participer pleinement à de telles initiatives et programmes dans les endroits où les conflits armés ont laissé un lourd tribut sur les enfants. À cet égard, ma délégation appuie pleinement la recommandation du secrétaire général tendant à la mise en place de « mécanismes pluriannuels à long terme pour la réintégration des enfants recrutés et utilisés ». L’histoire tragique de l’enfant ne se termine pas par sa libération. L’accueil de la famille et de la communauté dans son ensemble est essentiel à sa réintégration et à son rétablissement complet.

Monsieur le Président,

Il existe un moyen indispensable et le plus efficace d’extirper les actes de violence contre les enfants dans les conflits armés, et ce moyen, c’est la réalisation de la paix.
Merci, Monsieur le Président.

(1) Pape François, Discours à la Maison Saint-Joseph de Medellín, Colombie, 9 septembre 2017.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

3/11/2017