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Marie à la Pentecôte : l’éclairage du cardinal Sarah

« Le lien entre la vitalité de l’Eglise de la Pentecôte et la sollicitude maternelle de Marie à son égard, est évident », écrit le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, dans L’Osservatore Romano daté du 4 mars 2018.

Le préfet commente ainsi le nouveau décret du dicastère établissant que « la mémoire de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise » doit être désormais « inscrite dans le Calendrier Romain le lundi de la Pentecôte, et célébrée chaque année ».

Il souligne « l’importance du mystère de la maternité spirituelle de Marie qui, depuis l’attente de l’Esprit à la Pentecôte (cf. Actes des apôtres 1, 14), n’a jamais cessé de prendre soin maternellement de l’Eglise pèlerine dans le temps ».

« Le souhait, ajoute le cardinal Sarah, est que cette célébration, étendue à toute l’Eglise, rappelle à tous les disciples du Christ que, si nous voulons grandir et nous remplir de l’amour de Dieu, il nous faut ancrer nos vies à ces trois réalités : la croix, l’hostie et la Vierge… Les trois mystères à contempler en silence. »

Voici notre traduction du texte du cardinal.

AK

Selon le sentiment du peuple chrétien

Sur décision du pape François, par un décret émis le 11 février 2018, date du 160e anniversaire de la première apparition de la Vierge à Lourdes, la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a établi que doit être inscrite la mémoire de la « Bienheureuse Vierge Marie Mère de l’Eglise » dans le Calendrier romain général. Sont joints au décret les textes liturgiques, en latin, pour la messe, l’office divin et le Martyrologe romain. Les conférences épiscopales ont la charge d’approuver la traduction des textes qui servent, et après leur confirmation, de les publier dans les livres liturgiques de leur juridiction.

Le motif de la célébration est brièvement décrit dans le décret lui-même. Celui-ci rappelle la maturité acquise par la vénération liturgique réservée à Marie suite à une meilleure compréhension de sa présence « dans le mystère du Christ et de l’Eglise », comme expliqué dans le chapitre VIII de Lumen gentium du Concile Vatican II. A juste titre, en effet, en promulguant cette constitution conciliaire, le 21 novembre 1964, Paul VI, aujourd’hui bienheureux, a voulu reconnaître solennellement à Marie le titre de « Mère de l’Eglise ». Le sentiment du peuple chrétien, en deux mille ans d’histoire, avait à différents égards saisi les liens filiaux qui unissent étroitement les disciples du Christ à sa très sainte Mère.  L’évangéliste Jean donne un témoignage explicite de ces liens, en rapportant le testament de Jésus mourant sur la croix (cf. Jean 19, 26-27). Après avoir confié sa propre mère aux disciples et ceux-ci à la mère, « sachant que tout, désormais, était achevé », Jésus mourant « remit l’esprit » en vue de la vie de l’Eglise, son corps mystique : car, « c’est du côté du Christ endormi sur la croix qu’est né l’admirable sacrement de l’Église tout entière » (Sacrosanctum concilium, n. 5).

L’eau et le sang qui s’écoulent du cœur du Christ sur la croix, signe de la totalité de son don de rédemption, continuent sacramentalement à donner vie à l’Eglise à travers le baptême et l’eucharistie. Dans cette admirable communion, toujours à nourrir entre le rédempteur et ceux qui sont rachetés, la très sainte Marie a sa mission maternelle à exercer. En guise de rappel, le passage évangélique Jean 19, 25-34, indiqué dans la messe de la nouvelle mémoire, déjà indiqué, avec les lectures de la Genèse 3 et Actes des apôtre 1, dans la messe votive de sancta Maria ecclesiae matre approuvée par la congrégation pour le culte divin en 1973, en vue de l’année sainte de la Réconciliation de 1975 (cf. « Notitiae », 1973, pp. 382-383).

La commémoration liturgique de la maternité ecclésiale de Marie avait donc trouvé sa place, parmi les messes votives, dans l’editio altera del Missale Romanum de 1975. Puis, durant le pontificat de Jean Paul II, aujourd’hui saint, il a été donné aux conférences épiscopales, la possibilité d’ajouter le titre de « Mère de l’Eglise » dans les Litanie lauretane (cfr. « Notitiae », 1980, p. 159) ; et à l’occasion de l’année mariale, la congrégation pour le culte divin publia d’autres formulaires de messes  votives sous le titre de Marie Mère et image de l’Eglise dans la Collectio missarum de beata Maria Virgine. Fut également approuvée, au fil des ans, l’insertion de la célébration de la « Mère de l’Eglise » dans le Calendrier de certains pays, comme la Pologne et l’Argentine, le lundi de Pentecôte ; La célébration a été inscrite à d’autres dates en des lieux précis comme la basilique Saint-Pierre, où avait eu lieu la proclamation du titre par Paul VI, et dans les Propri d’ordres et congrégations religieuses.

Considérant l’importance du mystère de la maternité spirituelle de Marie qui, depuis l’attente de l’Esprit à la Pentecôte (cf. Actes des apôtres 1, 14), n’a jamais cessé de prendre soin maternellement de l’Eglise pèlerine dans le temps, le pape François a établi que le lundi de Pentecôte, soit rendue obligatoire la mémoire de Marie Mère de l’Eglise pour toute l’Eglise de rite romain. Le lien entre la vitalité de l’Eglise de la Pentecôte et la sollicitude maternelle de Marie à son égard, est évident. Dans les textes de la messe et de l’Office, le texte des Actes des Apôtres 1, 12-14 illumine la célébration liturgique, comme également la Genèse 3, 9-15.20, lue à la lumière de la typologie de la nouvelle Eve, constituée mater omnium viventium sous la croix du Fils sauveur du monde.

Le souhait est que cette célébration, étendue à toute l’Eglise, rappelle à tous les disciples du Christ que, si nous voulons grandir et nous remplir de l’amour de Dieu, il nous faut ancrer nos vies à ces trois réalités : la croix, l’hostie et la Vierge (crux, hostia et Virgo). Celles-ci sont les trois mystères que Dieu a donnés au monde pour structurer, féconder, sanctifier notre vie intérieure et pour nous conduire vers Jésus Christ. Les trois mystères à contempler en silence (cf. R. Sarah, La force du silence, n. 57).

Traduction de Zenit, Océane Le Gall

7/3/2018